Auf Auf
Auprès de mon arbre
Auf
Auf
Atelier universitaire d'écriture électronique
Du 15 mars au 1er juin 2005
Auf
Les meilleurs textes seront publiés.
 

Texte libre

ACCARY Fanny FLORENCE DEBALLÉ Georgette
ALEXANDROVA Natalia KANE Aly
ANSELME Nirere MEDARD Véronique
BADDI KOFFOUNDA Olivier Marius MUNEZA André
BEKOYE NADJITESSEM Désiré PASSOU Gaston
DAOUDA Barry BERRAOUI Yasmina

.........................................................................................................................

Le vieux figuier

Son ombre était douce et bienveillante et nous offrait des rêveries parfumées, elle était l’été qui n’en finissait pas, notre enfance qui se moquait du temps… Le vieux figuier était le témoin de tout ce qui était voué à disparaître, le gardien de nos songes, le seul dépositaire de nos secrets. Il se dressait là dans un jardin trop petit, comme un patriarche silencieux, nous aimions venir nous asseoir sous ses branches quand le soleil se faisait trop brûlant. Le soleil était bien plus chaud en ce temps là et les étés paressaient longtemps. Nous n’avions pas dix ans et notre royaume n’était pas bien grand, quelques pierres, des herbes sauvages, un vieux figuier qui nous volait un coin de ciel bleu, prisonnier derrière une petite porte verte, notre royaume, ce n’était rien en vérité. Il est sûrement là encore à veiller ce qui n’existe plus. Le temps est passé, il nous a fait vieillir et le jardin s’est doucement laissé mourir.

Je pense encore souvent à ce vieux figuier et son parfum sucré vient parfois ressusciter ma mémoire ; ce que je croyais mort à jamais renaît soudain, il suffit de presque rien, seulement un parfum. Je donnerais alors tout ce présent qui m’indiffère pour retrouver son ombre et mes étés d’avant ; vous qui avez tout ce que l’on peut vouloir, que feriez-vous d’un arbre ? Ce vieux figuier m’appartient. Il est mes racines, se nourrit à ma terre et il sait ce que les autres ont oublié. Des gardiens de mon enfance, il est le seul désormais à m’attendre et j’aime imaginer que je le retrouve parfois, que je viens m’asseoir encore une fois sous ses branches et que rien ne s’est passé, que le temps s’est suspendu un été, il y a longtemps et que derrière la petite porte verte du jardin tout ce que j’ai cru perdu est encore là à m’attendre. Je ferme les yeux et son parfum vient me chavirer l’âme, je ne l’ai jamais oublié, c’est étrange comme savent survivre ces petites choses que l’on aimerait parfois oublier comme un arbre, rien qu’un vieux figuier.

Texte transmis par Fanny ACCARY
Pays : France
Lui écrire :fanny.accary@voila.fr

Auf
Imprimer cette page Haut de page
Auf
Mise à jour : 20 septembre 2005
©  AUF - Tous droits réservés